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Les Français de plus en plus adeptes de la seconde main

A l’occasion de la Semaine européenne de la réduction des déchets, qui s'est déroulée jusqu’au 26 novembre 2017, l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) a publié une étude sur « la deuxième vie des produits en France ». Celle-ci révèle un changement non négligeable dans les habitudes de consommation. Le tonnage des objets réutilisés a augmenté de 30 % depuis 2014. Cela représente aujourd’hui 1 million de tonnes de biens, alors qu’on était à 750 tonnes en 2014. « Ce panorama montre que le réflexe de réutiliser plutôt que de jeter rentre dans les mœurs », observe Christophe Marquet, chargé de mission en prévention des déchets à l’Ademe.

Le recyclage est aussi vecteur de création d’emploi, particulièrement dans l’économie sociale et solidaire (ESS), qui joue un rôle important dans les activités de deuxième vie des produits. On estime ainsi à plus de 21 000 les ETP (équivalents temps plein) liés au réemploi (opération qui permet à des biens qui ne sont pas des déchets d’être utilisés à nouveau) et à la réutilisation (opération qui permet à un déchet d’être utilisé à nouveau) en 2017. Quant aux acteurs de l’économie conventionnelle, ils ont réalisé 1 170 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2017 au titre du réemploi et de la réutilisation (+ 38 % par rapport à 2014).

Il y a cependant un revers à la médaille. En effet, si le marché de l’occasion se porte bien, c’est que certains produits sont renouvelés très fréquemment, notamment les smartphones. « Certains consommateurs sont à la recherche du téléphone dernier cri, ce qui alimente un circuit de produits de seconde main à forte valeur ajoutée. Et fait émerger de nouveaux acteurs de l’économie conventionnelle, davantage intéressés par le business lucratif que la protection de l’environnement », analyse Christophe Marquet. Les enjeux environnementaux se heurtent au système capitaliste. Si les fabricants ont une part de responsabilité, les consommateurs peuvent agir : « En utilisant son smartphone le plus longtemps possible, on évite la production de nouveaux appareils et on préserve ainsi davantage l’environnement » explique Héloïse Gaborel, chargée de mission à France Nature Environnement, qui rappelle que les trois quarts de la pollution générée par le smartphone sont liés à sa fabrication. L’enjeu aujourd’hui est donc de mettre l’accent sur la prévention des déchets, en sensibilisant les consommateurs à les limiter dès l’achat et à repenser leurs usages.