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Covid-19 : La revanche du plastique

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Alors qu’une majorité de Français prend conscience de l’urgence climatique et que des mesures commençaient timidement à se mettre en place, la crise sanitaire fait la part belle au tout jetable. Pourtant, des alternatives existent.

Les Associations environnementales aux Etats-Unis ont été les premières à s’inquiéter de ce phénomène : le retour en force du plastique à usage unique. Elles accusent d’ailleurs les industriels « d’exploiter délibérément la crise sanitaire » pour faire annuler des mesures telles que l’interdiction des sacs plastiques à usage unique dans certains Etats. Dans celui du New Jersey, certains magasins refusent les sacs réutilisables, soi-disant moins hygiéniques…
En Europe, les lobbys ont aussi tenté de faire retarder les récentes lois européennes qui interdisent l’utilisation d’objets à usage unique (comme les pailles ou les gobelets). L’industrie européenne de la transformation des plastiques (l’EuPC), qui représente à Bruxelles les intérêts de plus de 50 000 entreprises de la plasturgie, a adressé le 8 avril dernier un courrier à la Commission européenne dans lequel elle demandait « de reporter d’au moins un an la mise en œuvre au niveau national de la directive SUP [sur les plastiques à usage unique] et de lever toutes les interdictions » déjà en vigueur concernant ce type de produits. Pour le moment, la Commission n’a pas donné suite, mais les associations de défense de l’environnement appellent à la vigilance…

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Protocoles sanitaires

En France, l’association Zéro Waste France (qui défend une démarche zéro déchet et zéro gaspillage) s’inquiète également des mesures prises au moment du déconfinement et de l’absence de débat sur les questions d’ordre environnemental. De vieux automatismes refont surface, et le recours au jetable semble devenir la norme : lingettes, gants, suremballage dans les grandes surfaces… Par réflexe, par facilité ou parce que cela rassure, les comportements tendent vers l’utilisation de plastique à usage unique, alors même que sa suppression était l’une des priorités en Europe, il y a encore quelques mois. L’association rappelle d’ailleurs que « jetable » et « propre » ne sont pas des synonymes. Le marketing entretient savamment cette croyance pour vendre toujours plus de produits, notamment en plastique, en faisant fi de leur impact sanitaire immédiat (lors de leur fabrication et utilisation) et à long terme (traitement du déchet et dispersion dans l’environnement).

De leur côté, les entreprises s’adaptent pour continuer leur activité tout en assurant la sécurité de leurs salariés et de leurs clients. Des protocoles sont mis en place, des protections sont fabriquées, notamment des visières ou des parois souples en plexiglas pour protéger les salariés les plus exposés (caissiers, coiffeurs, taxis, commerçants…). A noter qu’elles doivent être régulièrement nettoyées et désinfectées pour garantir leur efficacité. Selon une étude publiée le 2 avril 2020 dans la revue scientifique britannique The Lancet, le virus peut persister jusqu’à 7 jours sur les surfaces en plastique…
Il y a cependant des domaines dans lesquels il n’est pas possible de faire sans les plastiques à usage unique. C’est le cas dans le domaine médical. Des ONG le reconnaissent, comme WWF qui précise que certains plastiques seront « difficiles à remplacer par des matériaux moins polluants. […] Il faut d’autant plus faire l’effort de remplacer le plastique quand c’est possible ».
Certaines mesures semblent en effet abusives, comme plastifier des documents papiers, empêcher l’utilisation de fontaines à eau au profit de bouteilles en plastique individuelles ou encore l’utilisation obligatoire de protections à usage unique, sans alternatives possible…

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Quelles solutions durables ?

Des alternatives justement, il en existe. Et pour les associations de défense de l’environnement, elles doivent être envisagées, encouragées, étudiées afin que le « jetable » ne deviennent pas systématique.
Le lavage (des mains et des surfaces) doit être privilégié et est déjà suffisant pour se prémunir. Mais des chercheurs travaillent également à des modèles de masques moins polluants. Par exemple, à l’université australienne Queensland Technological University, où un masque en nanocellulose, fabriqué à partir de déchets végétaux, a été développé. Des designers américains travaillent également à la fabrication d’un prototype en cellulose bactérienne. Toutefois, l’efficacité réelle de ces masques alternatifs contre le coronavirus reste sujette à validation.
Dans le Grand Est, de nombreuses initiatives solidaires ont vu le jour. A Mulhouse, le collectif « SOS Couturières Alsace » s’est créé. Près de 300 couturières bénévoles ont confectionné 40 000 masques homologués et réutilisables pour soutenir le Pôle Textile d’Alsace. Des entreprises de l’ESS (économie sociale et solidaire) sont aussi mobilisées en Alsace. Des structures d’insertion fabriquent actuellement des masques réutilisables aux normes Afnor, telles que Presta’terre, Tremplin ou Libre Objet à Strasbourg.

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Quel monde d’après ?

Le virus a fortement impacté les populations du monde entier, et pas seulement les pays occidentaux. De nombreux pays ont dû faire face à l’épidémie alors qu’ils sont déjà confrontés gravement aux effets du changement climatique. Vouloir aujourd’hui penser le « monde d’après » au regard de ce qu’il nous est arrivé sans engager une vraie réflexion sur les enjeux sociaux et environnementaux paraît inconscient. L’association Alternatiba a proposé à 60 intellectuels et artistes de dessiner ce que pourrait être ce « monde d’après » si on choisissait la voie de la métamorphose écologique et sociale. Leurs textes et illustrations sont accessibles sur le site https://et-si.alternatiba.eu/