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Forum de la Démocratie, du Festival des Solidarités et du Festival Alimenterre

Alors que la COP 26 bat son plein, les États peinent à s’accorder sur des solutions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et limiter le dérèglement climatique. La consommation est un des leviers importants pour limiter notre impact environnemental. Mais trouver des produits répondant aux objectifs de réduction des gaz à effet de serre n’est pas toujours évident.

Évaluer par exemple l’impact de nos consommations sur la déforestation est loin d’être simple. Et les solutions qui peuvent être apportées par le commerce équitable origine France restent souvent méconnues. Au cours du mois de novembre, plusieurs événements locaux permettront de faire le lien entre consommation, respect de l’humain et de notre environnement.

Le greenwashing ou l’écoblanchiment

Les impacts du greenwashing (ou écoblanchiment) comme du fairwashing (blanchiment éthique) prennent de plus en plus de plus d’ampleur. Être convaincu et porter des valeurs pour une société et une consommation plus responsable est une première étape importante. Il convient ensuite de pouvoir démêler le vrai du faux. La demande de produits plus vertueux pour l’environnement et les conditions de travail incite de nombreuses entreprises à agir pour fournir des produits responsables. Mais leur message d’ensemble manque encore trop souvent de cohérence. Le problème réside notamment dans une communication qui incite à des comportements non écologiques[1].

Des clés pour déceler le greenwashing et fairwashing          

Un des modes d’action du greenwashing est d’inciter à surconsommer. Dans tous les cas, la consommation a un impact sur l’environnement et les conditions de travail. Pour autant, un message qui incite à consommer plus que de raison, sous prétexte qu’un produit ou un service serait peu cher, ou qu’il aurait un faible impact sur l’environnement relève clairement du greenwashing. Autre phénomène que l’on décèle, la banalisation ou minimisation de la crise écologique avec des messages qui rassurent. Les mots employés sont souvent des mots valises[2], très vagues qui ne répondent pas à un cahier des charges précis, tels que « naturel », « sain », « durable », « non polluant », « écologique », « zéro impact »….De nombreuses clés de décryptage sont réunies au sein d’un« Guide anti greenwashing »édité par l’ADEME et accessible sur son site internet.

L’impact de la consommation sur la déforestation

La production de matières premières agit sur l’écosystème et la biodiversité. Les monocultures de produits tels que le soja ou l’huile de palme, mènent à une perte de biodiversité qui impacte durablement les populations. Or les forêts, qui représentent encore 31% des surfaces du globe, sont fortement menacées. Chaque année, c’est l’équivalent de la superficie de la France qui est détruite[3]. Si nous prenons l’exemple de la production de cacao, elle est à elle seule responsable de la perte de 90% de la forêt nationale en Côte d’Ivoire, en l’espace de 50 ans. Les services rendus par la forêt n’ont pas de valeurs monétaires, mais sont pourtant essentiels. Les forêts assurent en effet une part très importante de la production d’oxygène, d’énergie, contribuent fortement au cycle de l’eau, et à la régulation des températures. L’évolution de la surface forestière nécessite vraiment de repenser le schéma de consommation et de production. Pour se faire une idée de notre impact sur la forêt, l’association Envol Vert propose un outil qui permet de calculer notre empreinte forêt www.empreinte-foret.org/quizz/.

Cet outil propose des solutions en matière de consommation pour aller vers un système de plus en plus vertueux. La préservation de la forêt est en effet cruciale, et on constate bien souvent que ce sont les populations fragiles qui souffrent en tout premier lieu de sa disparition.

Agriculture locale et commerce équitable

En France aussi, la monoculture pèse considérablement sur notre modèle agricole. Nos agriculteurs sont souvent encouragés à se tourner vers une seule culture, ce qui effectivement peut être très rentable en cas de conditions météorologiques favorables, mais comporte également des risques de mauvaise récolte compte tenu des variations climatiques. La diversification des cultures peut permettre une meilleure résilience et un autre rapport plus durable à la terre. L’agriculture est de plus en plus touchée par les aléas climatiques et notre manière de consommer ne permet pas une toujours le développement d’une agriculture durable. La loi « Climat et Résilience » adoptée fin août 2021, insiste sur le fait que le commerce équitable permet, au-delà d’une juste rémunération pour les agricultures, de valoriser des modes de production respectueux de l’environnement et de la biodiversité, tels que l’agroécologie[4]. Le commerce équitable contribue donc activement aux impératifs de la transition écologique.

 


Le Colecosol Grand Est, en lien avec le CCFD-terre solidaire Alsace, Oxfam France et Oikocredit France Est organisent plusieurs événements afin de mettre en évidence les liens entre environnement et consommation. À ce titre, une table ronde sur la déforestation importée aura lieu le 5 novembre à 18h Salle de l’Aubette à Strasbourg, le safari du greenwashing donne rendez-vous le 6 novembre à 15h place Gutenberg, et le 30 novembre à Strasbourg projection du film « Sur le champ » au cinéma Star Saint Exupéry, suivie d’un temps d’échanges avec Jean Vogel, agriculteur et ancien maire de Saâles. Tous ces événements et bien d’autres encore auront lieu dans le cadre du festival Alimenterre, du festival des Solidarités ainsi que du forum mondial de la démocratie.

 
[4]Guide du commerce équitable dans ma cantine, Commerce Equitable France