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Le textile : l’industrie qui nous colle à la peau

De la graine au prêt-à-porter, l’industrie textile est une filière complexe. Les habits revêtent une importance propre à chacun, ils permettent de se différencier, de refléter un état d’esprit, une mode, un budget. Ils nous collent à la peau et sont pourtant méconnus. Qu’ont-ils traversé avant d’être endossés ?
 

On achète 60% de plus qu’il y a 15 ans

Et on garde ses vêtements deux fois moins longtemps d'après l’Agence de la transition écologique (Ademe)[1]. Les collections sont renouvelées toutes les deux à six semaines contre quatre par an il y a quelques années. C’est ce qu’on appelle la fast fashion ou mode éphémère. Son principe : proposer des vêtements à bas prix et encourager la consommation de masse pour faire des économies d’échelle et réduire le coût de fabrication de chaque vêtement.
 

La mode éthique, c’est quoi ?

En réaction à ce mode de production et de consommation, la mode éthique est en plein essor. Elle regroupe le respect des droits humains et des travailleurs, la protection de l’environnement, les circuits-courts, elle privilégie le local et le bien-être animal[2]. Il s’agit d'une filière plus vertueuse car elle repose sur des critères économiques, sociaux et environnementaux conforme aux exigences du commerce équitable.
 

Les enjeux environnementaux insoupçonnés

L’industrie textile est l'une des plus polluantes au monde, c'est plus que les vols internationaux et le trafic maritime réunis. Elle représente 20% des eaux usées à l'échelle mondiale[3]. En effet, la confection d’un jean en coton non bio nécessite entre 7 000 et 10 000 litres d’eau[4]. En outre, l’entretien des vêtements synthétiques fabriqués à base de pétrole génère également de la pollution. Selon l'Ademe, le lavage des vêtements est responsable du rejet de l’équivalent de 50 milliards de bouteilles plastiques dans la mer sous forme de micro-plastiques, chaque année. Les matériaux utilisés et les méthodes employées ont des répercussions néfastes sur la santé et l’environnement.
 

Les enjeux sociaux dramatiques

Le salaire d'un.e ouvrier.e au Bangladesh est de 0,29€ par heure, ce qui correspond à un quart du salaire vital, c’est-à-dire, de quoi couvrir les besoins fondamentaux. Travail des enfants, harcèlement, interdiction d'organisation syndicale sont devenus monnaie courante de cette industrie, violant les normes de l'organisation internationale du travail (OIT). En Chine, un demi-million de Ouïghours sont soumis au travail forcé et produisent 20% du coton utilisé dans le monde.[5] En 2013, l’effondrement du Rana Plaza au Bangladesh a démontré la vétusté et le manque de sécurité des bâtiments.
 

Repenser l’acte d’achat

Le coût de fabrication ne se limite pas au prix mais aux coûts sociaux et environnementaux nécessaires pour dépolluer les rivières, par exemple. Or les grandes entreprises laissent le soin aux pays de payer ces coûts cachés de l’industrie textile. Consommer des vêtements éthiques nécessite une prise de conscience et une évolution des mentalités. Payer le prix juste induit de consommer moins mais mieux. Des clés existent pour acheter de manière plus consciente, notamment en se posant les bonnes questions : en ai-je besoin ? Immédiatement ? N’ai-je pas déjà un vêtement semblable ? Quelle est son origine ? Est-il utile ?
 

Des alternatives existent

Consommer de manière responsable doit être incluant et permettre à tous les budgets de faire le choix d’acheter autrement. En 2019, 39% des Français ont déjà acheté un vêtement ou un accessoire de mode de seconde main[6]. Les boutiques Emmaüs, Oxfam et les plateformes en ligne proposent des vêtements de qualité de seconde main. FairTrade Max Havelaar, GOTS, Fair Wear Foundation, WFTO et bioRe sont des labels qui certifient le respect des critères environnementaux et sociaux. Le choix de matériaux tels que le coton bio, le lin, le chanvre, le tencel ou de composants recyclés permet aussi de réduire l'impact écologique. Des boutiques locales proposent des vêtements éthiques. A Strasbourg, on recense Fibres & Formes et Good Vibes, à Colmar et à Ungersheim, Mode au naturel et à Nancy, Vêt Ethic. La plupart des boutiques Artisans du Monde offrent une gamme de vêtements équitables. Si les législateurs et les entreprises ont un rôle à jouer pour transformer cette industrie, le consommateur averti peut aussi agir pour une industrie plus éthique.
 
Le COLECOSOL, membre de la Chambre de Consommation d’Alsace et du Grand Est, œuvre dans le Grand Est pour promouvoir le commerce équitable local. Il sensibilise, informe et accompagne collectivités, entreprises, écoles, lieux de consommation et particuliers afin de se tourner vers une économie plus solidaire.
Plus d’informations sur le site www.colecosol.fr et pour approfondir sur la mode durable www.wedressfair.fr