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Made in France : la jungle des labels!

Les Français sont de plus en plus sensibles à l’origine des produits qu’ils consomment. Nombreux sont ceux qui souhaitent privilégier le « Made in France », mais toutes les appellations ne se valent pas. Comment s’y retrouver ?

Consommer français permet à la fois de préserver le tissu économique local en protégeant des emplois sur notre territoire, mais aussi de diminuer l’empreinte écologique des produits qui auront parcouru moins de kilomètres que ceux fabriqués à l’autre bout du monde. C’est aussi l’assurance de bénéficier de produits de bonne qualité avec une sécurité d’usage, garantie par les normes françaises et européennes obligatoirement respectées durant le processus de fabrication.
 
Une mention facultative
 
Tout d’abord, il faut savoir que l’indication de l’origine d’un produit non-alimentaire n’est pas obligatoire en Europe. L’apposition des mentions "Made In..." ou "Fabriqué en..." doivent toutefois respecter les critères « d’origine non préférentielle » établis par le Code des douanes de l’Union européenne. Concernant les produits alimentaires et agricoles, le marquage de l’origine peut être imposé dans le cadre des réglementations sanitaires. Il est d’ailleurs obligatoire pour les produits alimentaires non transformés.
Ensuite, la simple mention « Made in France » n’est pas gage d’un produit 100 % français. Le simple fait d’avoir subi la dernière transformation substantielle en France suffit pour l’apposer. Des produits essentiellement fabriqués à l’étranger peuvent ainsi en bénéficier.
La DGCCRF (Répression des fraudes) est chargée de contrôler le marquage de l'origine figurant sur l’étiquetage des marchandises commercialisées sur le marché national.
 
Des certifications variables
 
Dès lors, plusieurs labels privés ont vu le jour, initiés par des associations ou des fédérations de professionnels. S’ils permettent d’aller plus loin dans une démarche qualité, le consommateur peut avoir du mal à s’y retrouver. Ces labels facultatifs répondent à des cahiers des charges et leur attribution est généralement vérifiée par un organisme tiers indépendant.
Pour les produits alimentaires, les signes officiels de qualité les plus sûrs sur l’origine sont les AOP et AOC (Appellation d’origine protégée et contrôlée). Bien connues des consommateurs, ces certifications garantissent que toutes les étapes de fabrication sont réalisées selon un savoir-faire reconnu dans une zone géographique déterminée (inao.gouv.fr). La première est un signe européen protégeant le nom du produit dans toute l'Union européenne. La seconde est sa déclinaison française, protégeant le nom du produit sur le territoire français. Il existe aussi l’IGP (L’Indication Géographique Protégée) : le « Miel d’Alsace », les « Mirabelles de Lorraine »... Mais contrairement à l’AOC et l’AOP, au moins une étape parmi la production, la transformation ou l’élaboration du produit doit avoir lieu dans l’aire géographique délimitée (et non pas toutes). Il est donc moins strict.
Des labels régionaux ont également été créés (tels que « Produit en Bretagne », « Marque Savoie », « Saveurs en Or » pour la région Hauts de France…) mais ils répondent chacun à un cahier des charges spécifiques, plus ou moins stricts, établis par les associations de professionnels qui les ont créés et qui s’autogèrent.
 
Parmi les labels les plus exigeants, il y a la certification « Origine France garantie », créée en 2010 par l’association Pro France et approuvée par l’Assemblée nationale en mai 2011. Elle concerne tous les secteurs et est délivrée par un organisme certificateur indépendant. Les entreprises qui souhaitent l’obtenir doivent cumuler deux critères : l'essentiel de la fabrication du produit doit avoir été assuré en France et la moitié au moins de sa valeur unitaire doit y avoir été générée.
Il existe ensuite le label « Entreprise du Patrimoine Vivant », accordé par l’État pour une période de cinq ans. Il vise à distinguer des entreprises françaises aux savoir-faire artisanaux et industriels d’excellence. Dans le Bas-Rhin, il y a même une Route des EPV : http://www.patrimoine-vivant.com/fr/routes/45. La certification porte davantage sur la technique que sur les matières utilisée. Il ne garantit pas non plus que l’ensemble de la production soit fabriquée en France.
Enfin, concernant la filière textile, le label « France terre textile » atteste que le produit a été fabriqué en France, et que des réseaux locaux et des circuits courts ont été mobilisés pour l’approvisionnement en tissus. Pour obtenir ce label, 75 % des opérations de fabrication doivent être réalisées sur notre territoire.
La solution idéale pour que le consommateur y voit plus clair serait de rendre systématiquement obligatoire la mention de l’origine. Mais cela se joue au niveau de l’Union européenne, tel que pour le cahier des charges des produits biologiques.
 

POUR ALLER PLUS LOIN

Allégations marketing
 
Attention à ne pas confondre les labels avec les marques créées et gérées par les grandes chaînes de distribution telles que « Reflets de France », « Saveurs de nos régions », « Nos régions ont du talent », etc. Les produits sont soumis à un cahier des charges propre à chaque enseigne qui ne reflète pas nécessairement la rigueur d’un label officiel.
Par ailleurs, la présence sur le produit ou son emballage d’un drapeau français, d’une cocarde ou d’un hexagone « bleu-blanc-rouge » ne garantit pas nécessairement que le produit ait été fabriqué en France. Enfin certaines allégations peuvent entretenir la confusion chez le consommateur et induire en erreur, comme par exemple : Conçu en France, designé en France, design français, assemblé en France, élaboré en France, conditionné en France, contrôlé en France, artisanat français, marque française, tradition française, recette française, droguerie française, stylisme français, French touch