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Stop les soldes?

Crise sanitaire oblige, les soldes d’été qui devaient débuter fin juin se dérouleront du 15 juillet au 11 août. Mais en pleine crise sanitaire et économique, la question de leur utilité peut se poser. Certains acteurs refusent d’ailleurs de les pratiquer, défendant un mode de consommation plus responsable.

C’est la grand-messe qui a lieu deux fois par an et qui dure quatre semaines : les soldes. Seule période durant laquelle les commerçants peuvent vendre à perte, mais en respectant une réglementation spécifique (Cf. encart ci-après). Mais sortis du confinement, de nombreux Français remettent en question leur mode de vie. Les soldes sont-ils compatibles avec une consommation plus responsable ?

Consommation au ralenti

D’après les chiffres de la Banque de France, les Français ont « sur-épargnés » 55 milliards d’euros durant les huit semaines de confinement. En d’autres termes, il s’agit de la somme totale qui n’a pas été dépensée et qui manque donc à l’économie. Or, les consommateurs ne se sont pas particulièrement précipités dans les magasins depuis le 11 mai dernier. Selon l’Obsoco (L’Observatoire société et consommation), 40 % des Français ont déclaré être retournés faire des achats mais pour 71 % d’entre eux, il s’agissait d’achat « de nécessité ». Les consommateurs seraient donc moins nombreux et réfléchiraient davantage avant d’effectuer des achats. Pour Lucile Schmid, vice-présidente du Think tank « La Fabrique écologique », invitée dans l’émission 28 minutes sur Arte, le confinement a donné l’occasion aux Français de réfléchir. Ils ne se sont pas précipités dans les magasins probablement parce qu’ils se demandent si cela a du sens.
La question du sens est centrale dans une démarche de consommation responsable. Pourquoi acheter tel ou tel objet ? En ai-je besoin ? Est-ce que je n’en possède pas déjà un similaire ? Puis-je faire réparer ? N’y a-t-il pas un producteur/artisan/créateur local auprès duquel s’approvisionner en priorité ? Etc.

Secteur de l’habillement en crise

Les soldes sont une période particulièrement importante pour le secteur de l’habillement. Or, ce dernier a beaucoup souffert durant le confinement. De nombreuses enseignes traversent aujourd’hui une grave crise. Des milliers d’emplois sont sur la sellette, majoritairement ceux qui concernent des femmes peu qualifiées. Et la crise économique, qui s’annonce, inquiète grandement la Fédération nationale de l'habillement, représentant les boutiques indépendantes, qui prévoit une baisse de l’activité de 25 à 30 % d’ici septembre. Une véritable casse sociale pourrait advenir. Il est très difficile aujourd’hui de se positionner en tant que « consomm’acteur ». Comment concilier la baisse de consommation avec la relance économique ? Préserver les emplois tout en préservant l’environnement ? (L’industrie textile est en effet l’une des plus polluantes au monde). C’est une équation compliquée et un enjeu politique majeur où chaque acteur doit y trouver sa place.

Ces acteurs qui refusent les soldes

Les acteurs de l’Economie sociale et solidaire œuvrent depuis plusieurs décennies pour concilier activité économique, inclusion sociale et préoccupations environnementales. Plusieurs structures permettent à des personnes éloignées de l’emploi de se réinsérer tout en proposant des produits et des services au juste prix pour le consommateur et le producteur. Acheter local et/ou de seconde main s’avère souvent bien moins onéreux tout en contribuant au développement économique de nos territoires. Il est ainsi possible d’acheter des vêtements, mais aussi du matériel informatique, de l’électroménager, des livres, des jouets… toute l’année auprès d’acteurs tels qu’Emmaüs, Envie, Carijou, Humanis, Association Espoir, Desclicks… Vous les retrouverez sur la plateforme de promotion des achats responsables ZIGetZAG.info.
La plupart d’entre eux refuse d’ailleurs de pratiquer des soldes. C’est le cas par exemple des 7 friperies du Relais Est qui ont fait ce choix pour la première fois cette année. L’entreprise d’insertion, membre du réseau Emmaüs, préfère en profiter pour sensibiliser à un autre modèle de consommation, plus responsable. Alors pas de soldes, certes, mais des prix justes toute l’année !

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Le réseau de friperie Ding Fring Est, Label Fripe et Le Léopard ont lancé l'opération "soldes out" : pas de soldes, mais des prix justes toute l’année !
© Ding Fring Est


Rappels de la réglementation

Les soldes doivent porter sur des articles déjà proposés en rayon et qui ont été payés par le commerçant depuis au moins 30 jours. Il lui est en effet interdit d’acheter des produits pour les vendre exclusivement en période de soldes et de se réapprovisionner. Le prix de référence doit toujours être indiqué. Le commerçant peut ne solder qu’une partie de ses produits, mais doit le signaler en séparant clairement les articles.
Pour le consommateur, les règles en matière de garantie sont les mêmes, que l’article soit soldé ou non (échange ou remboursement en cas de vice caché). La garantie légale de conformité* s’applique également. En revanche, si l’article ne convient plus (problème de taille, de couleur…), le commerçant n’est pas tenu d’effectuer un échange ou un remboursement, sauf publicité contraire affichée en magasin.
Pour les achats en ligne, la réglementation est identique, si ce n’est que les clients disposent d’un délai de rétractation de 14 jours à partir du jour de réception de l’article.

*Le produit doit être conforme au contrat, plus concrètement à l'usage attendu et à la description du vendeur. Cette garantie s’applique à tous les défauts de conformité se révélant dans un délai de 24 mois à compter de la livraison pour les biens neufs et de 6 mois pour les biens d’occasion