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Vers la généralisation du vrac en grande surface ?

Le vrac est un mode de distribution qui s’est beaucoup développé ces dernières années. Si de nombreuses enseignes le proposent déjà, la surface dédiée au vrac dans les enseignes alimentaires pourrait considérablement augmenter d’ici 2030.
 

Objectif : 20% des surfaces de vente pour les enseignes de plus de 400m²

 
Si le vrac est courant dans les enseignes bios, la moitié du marché du secteur (qui pèse 1,3 milliards d’euros) provient des rayons vrac de la grande distribution, selon les informations du Parisien/Aujourd’hui en France. 70 % d’entre elles ont déjà un rayon de vente en vrac, d’après Célia Rennesson, présidente de l’association Réseau Vrac, qui fédère l’ensemble des professionnels de la filière. C’est également l’une des mesures phares du projet de loi Climat et Résilience, dont le texte prévoit que les enseignes alimentaires de plus de 400m² consacrent 20 % de leur surface de vente au vrac d’ici 2030. Pour un hypermarché en France dont la taille moyenne est de 5 300m², cela représente plus de 1 000m² de surface de vente ! Un objectif particulièrement ambitieux, sachant qu’à l’heure actuelle, le vrac représente « entre 2 à 8m² pour un supermarché, et 5 à 11 m² pour un hypermarché », précise Célia Rennesson.
Reste à savoir quels seront les produits concernés pour déterminer si cet objectif est atteignable en moins de 10 ans. Le texte reste en effet flou sur la notion de vrac. Par exemple, les fruits et légumes en libre-service seront-ils pris en compte ? Quid des produits à la coupe, comme le fromage, pour lesquels il est possible d’utiliser ses propres contenants ? Pour Célia Rennesson, si le vrac inclus tous les produits sans emballage, l’objectif de 20 % devrait être atteignable pour les grandes enseignes.
Cette mesure pose toutefois la question de la rentabilité pour ces enseignes. Le vrac nécessitant plus de personnels et de logistiques que pour les rayons classiques, en raison du nettoyage et du remplissage des bacs et silos, pour des produits peu coûteux et peu valorisés (comme le riz et les pâtes).
 
L’essor du vrac ne concerne pas que le rayon alimentaire, puisqu’il se développe pour les produits cosmétiques, d’hygiène ou de ménage (lessive, liquide vaisselle, gel douche, shampoing…). D’après Célia Rennesson : « On pense que le marché sera à 3,2 Mds€ l’année prochaine : il y a de plus en plus de magasins équipés et d’acteurs qui s’y mettent ».
 

Économique et écologique

 
Ce mode de distribution s’est développé ces dernières années, notamment pour ses vertus écologiques et économiques. Les emballages (et les suremballages) sont un fléau pour l’environnement, tant par leur mode de fabrication (les plastiques nécessitent une grande consommation d’eau et de pétrole) que pour leur élimination. Selon les chiffres de la Cour des comptes européenne, les emballages représentent un peu plus de 60 % de la production totale de déchets plastiques en Europe. Des déchets peu recyclés ou valorisés et qui seront, au mieux, incinérés ou enfouis, au pire disséminés dans la nature !
En outre, acheter en vrac permet de limiter le gaspillage en achetant la juste quantité de denrées alimentaires. On évite également les achats impulsifs, souvent influencés par le packaging.
 
Concernant l’argument économique, une enquête réalisée en 2020 par Le Parisien/Aujourd’hui en France a démontré que les produits bio en vrac étaient moins chers que leurs équivalents emballés. Mais si l’absence d’emballage permet de revoir le prix à la baisse, ce dernier peut toutefois rester proche des produits classiques, notamment en raison du coût des silos (distributeur de denrées en libre-service) qui avoisine les 100 € l’unité, auxquels s’ajoutent les frais pour leur entretien. Mais en réalité, pour le consommateur, l’économie peut se trouver ailleurs. En effet, les déchets engendrés par les emballages entraînent de nombreux coûts cachés pour leur traitement. Lucia Pereira, directrice des Affaires Juridiques de l’association Réseau Vrac, explique ainsi sur France Inter « Les collectivités dépensent 117 euros par an pour la taxe d'enlèvement des ordures ménagères. Et nous, les consommateurs, nous payons une taxe d'ordures ménagères qui varie entre 100 et 400 euros ». L’achat en vrac entre donc dans une démarche d’économie globale.
 

Quid de l’hygiène ?

 
Certains consommateurs sont réticents au vrac en raison de craintes liées à l’hygiène. Or, l’achat en vrac ne présente pas plus de risque sanitaire que l’achat d’un produit déjà emballé si les normes d’hygiène sont respectées. Les commerces de vente en vrac doivent respecter les bonnes pratiques d’hygiène établies dans le règlement (CE) 582/2004. Cependant ce règlement ne donne pas d’indications spécifiques au nettoyage des contenants et silos des commerces de vrac. Mais l’association Réseau Vrac informe et forme les porteurs de projet, commerçants et responsables de rayon vrac membres de son réseau pour leur permettre de maîtriser leur environnement, de connaître la réglementation et d’appliquer les bonnes pratiques d’hygiène relatives à la vente de produits en vrac (alimentaires secs, détergents et cosmétiques). Lucia Pereira rappelle que les contenants et silos sont nettoyés au lave-vaisselle à 70°C et désinfectés, indiquant qu’il faut maintenant « éduquer le consommateur ». À chacun d’entre nous donc d’être vigilant en respectant nous-même des principes simples, comme par exemple, se laver les mains et ne pas utiliser la pelle dédiée à un produit dans un contenant pour se servir dans un autre. Cela pose aussi la question des risques de croisement entre les produits, et donc d’allergies.